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Registre des objets mobiliers : l'obligation que la plupart des revendeurs ignorent

Publié le 12 juillet 2026 · 10 min de lecture · Par L'équipe Margeo

Statut micro-entreprise : fait. Déclarations URSSAF : faites. DAC7 : anticipé. Et pourtant, la plupart des revendeurs professionnels d'occasion passent à côté d'une obligation plus ancienne que toutes les autres — le registre des objets mobiliers, aussi appelé registre de brocante ou registre de police. Ce n'est pas une formalité fiscale : c'est un dispositif de lutte contre le recel, sanctionné pénalement, et c'est l'un des premiers documents demandés lors d'un contrôle sur un stand professionnel ou un dépôt-vente. Voici qui est concerné, comment se mettre en règle, et comment le tenir sans y passer ses soirées.

En bref : revente professionnelle d'objets d'occasion acquis auprès de tiers = déclaration préalable en préfecture (Cerfa n° 11733*02) + registre coté et paraphé, tenu au jour le jour, décrivant chaque objet et l'identité de son vendeur. Micro-entreprise incluse. Sanctions pénales à la clé.

Qui est concerné (et qui ne l'est pas)

ProfilRegistre obligatoire ?Pourquoi
Particulier qui vend ses propres affaires sur Vinted/LeboncoinNonPas d'activité professionnelle de revente
Micro-entrepreneur qui achète en vide-grenier pour revendreOuiRevente habituelle d'objets usagés acquis auprès de tiers
Revendeur qui achète des lots Vinted/Leboncoin pour les revendreOuiMême logique : l'occasion acquise de tiers en vue de la revente
Dépôt-vente, friperie, brocanteur, antiquaireOuiCœur historique de l'obligation
Revendeur de produits exclusivement neufs (déstockage, fins de série)NonLe dispositif vise les objets usagés — mais gardez vos factures fournisseurs

Le critère n'est ni le chiffre d'affaires ni la forme juridique : c'est l'activité professionnelle de revente d'objets mobiliers usagés. Un revendeur Vinted déclaré en micro-entreprise qui source en brocante est concerné au même titre qu'un antiquaire.

Étape 1 — La déclaration préalable en préfecture

Avant de commencer l'activité (ou au plus vite si vous exercez déjà), remplissez le formulaire Cerfa n° 11733*02 — « déclaration pour l'inscription au registre des revendeurs d'objets mobiliers » — et adressez-le à la préfecture ou sous-préfecture dont dépend votre lieu d'activité (votre domicile pour un revendeur en ligne à domicile). La démarche est gratuite. Conservez le récépissé : c'est lui qu'on vous demandera avec le registre.

Étape 2 — Le registre : forme et contenu

Le point de friction réel : demander une pièce d'identité à un particulier en vide-grenier est inconfortable — mais c'est la loi, et c'est aussi votre protection : un vendeur qui refuse de s'identifier est exactement le signal d'alerte que le registre est censé capter. Pour les achats en ligne (lots Vinted, Leboncoin), l'identité du compte, la transaction tracée et la capture de l'annonce documentent la provenance ; consignez-les.

Ce que vous risquez sans registre

L'obligation relève du Code pénal (lutte contre le recel) : l'absence de déclaration préalable ou de registre, ou un registre mal tenu, constitue un délit passible d'emprisonnement et d'amende. En pratique, les contrôles surviennent sur les stands professionnels (marchés, salons), dans les locaux, ou à rebours quand un objet volé est retrouvé dans votre circuit de vente. Dans ce dernier cas, le registre est ce qui sépare le revendeur de bonne foi — qui montre de qui il tient l'objet — du receleur présumé.

Registre + preuves d'achat : un seul système, pas deux

Le registre répond à la police ; vos justificatifs d'achat répondent au fisc et aux litiges. Les deux se nourrissent des mêmes gestes au moment de l'acquisition :

  1. Photo du lot et de chaque pièce notable à l'achat ;
  2. Preuve de paiement traçable (évitez les grosses sommes en espèces — au-delà des plafonds légaux, le paiement en liquide entre un professionnel et un particulier est de toute façon encadré) ;
  3. Identité ou attestation de cession pour les achats de valeur auprès de particuliers ;
  4. Ligne de registre créée le jour même, numéro d'entrée reporté sur votre suivi de stock — le SKU Margeo peut reprendre ce numéro pour relier registre, stock et marge.

Les questions que tout le monde se pose

Sources officielles

Provenance, photos et marges reliées à chaque article

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FAQ

Qui doit tenir un registre des objets mobiliers ?

Tout professionnel dont l'activité comporte la revente d'objets mobiliers usagés acquis auprès de tiers : brocanteurs, antiquaires, dépôts-vente, mais aussi les revendeurs en micro-entreprise qui sourcent en vide-grenier, sur Leboncoin ou sur Vinted. Le critère est l'activité professionnelle de revente d'occasion, pas la taille de l'entreprise.

Quelle est la démarche avant de commencer ?

Une déclaration préalable auprès de la préfecture ou sous-préfecture du lieu d'activité, via le formulaire Cerfa n° 11733*02, avant le début de l'activité de revente d'objets usagés. Le récépissé de déclaration est à conserver.

Que doit contenir le registre ?

Tenu au jour le jour, sans blanc ni rature, il décrit chaque objet acquis (nature, caractéristiques permettant de l'identifier) et l'identité de la personne qui vous l'a vendu (nom, prénom, qualité, domicile, nature et numéro de la pièce d'identité pour les particuliers). Le registre est coté et paraphé par le commissaire de police ou, à défaut, par le maire.

Qu'est-ce que je risque sans registre ?

Des sanctions pénales : l'absence de registre ou un registre mal tenu est un délit (peines d'emprisonnement et d'amende prévues par le Code pénal), et c'est l'un des premiers points contrôlés lors d'une visite sur un dépôt-vente, un stand professionnel ou après un signalement de recel. Le registre est précisément conçu pour lutter contre le recel d'objets volés.

Un vendeur Vinted particulier est-il concerné ?

Non : un particulier qui vend ses propres affaires n'est pas soumis au registre. L'obligation naît quand vous achetez des biens d'occasion à des tiers pour les revendre à titre habituel — c'est-à-dire dès que vous exercez réellement une activité de revendeur professionnel, même en micro-entreprise.

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