Création d’entreprise

Immatriculation du revendeur au RCS : la démarche correcte

Mis à jour le 14 juillet 2026 · Par L'équipe Margeo

L’achat de biens dans le but de les revendre constitue une activité commerciale. Le revendeur individuel déclare sa création sur le guichet unique des formalités des entreprises. Les informations sont ensuite transmises aux organismes compétents : l’entreprise est inscrite au Registre national des entreprises et, pour l’activité commerciale, au Registre du commerce et des sociétés. L’immatriculation au RCS n’est pas conditionnée à un nombre de ventes sur une plateforme : dès que l’activité d’achat-revente est habituelle ou professionnelle, la formalité est requise.

Réponse courte : vous ne déposez pas une demande isolée auprès de chaque registre. Vous réalisez la formalité de création sur le guichet unique, en décrivant précisément l’activité. Pour un micro-entrepreneur, l’inscription au RCS devient obligatoire dès lors que le chiffre d’affaires de l’activité commerciale dépasse 10 000 € sur deux années civiles consécutives (ou avant, si l’activité est d’emblée professionnelle).

Vente personnelle ou activité commerciale ?

Revendre ponctuellement un bien de son patrimoine n’est pas équivalent à acheter du stock pour le revendre. L’intention à l’achat, la répétition, l’organisation, la présence d’un stock et la recherche de profit permettent de caractériser l’activité. N’attendez pas un seuil de ventes communiqué par une plateforme pour déclarer une activité déjà professionnelle : DAC7 est un mécanisme de transmission d’informations, pas une franchise d’immatriculation.

Quand l’immatriculation au RCS devient-elle obligatoire ?

Pour un micro-entrepreneur exerçant une activité de vente de biens, l’immatriculation au RCS n’est pas automatique au démarrage. Elle devient obligatoire lorsque le chiffre d’affaires tiré de l’activité commerciale dépasse 10 000 € sur deux années civiles consécutives (disposition issue de la loi PACTE). En deçà, le micro-entrepreneur reste immatriculé uniquement au RNE en tant qu’entrepreneur individuel. Dès que le seuil est franchi, la formalité d’immatriculation complémentaire au RCS doit être réalisée via le guichet unique.

Ce seuil d’immatriculation au RCS est distinct du seuil de TVA et de l’imposition sur les bénéfices : pour la vente de biens, le régime micro-BIC s’applique jusqu’à 203 100 € de recettes. Le dépassement du seuil RCS (10 000 € sur deux ans) n’entraîne donc pas automatiquement la sortie du micro-BIC. En revanche, il déclenche l’obligation d’immatriculation au RCS et, pour le micro-entrepreneur, l’application du taux de cotisations « vente de biens » de 12,3 % (9,3 % sous ACRE) sur le chiffre d’affaires.

SeuilValeur (vente de biens)Effet
Immatriculation au RCS (micro-entrepreneur)10 000 € de CA sur 2 années civiles consécutivesObligation d’immatriculation complémentaire au RCS (loi PACTE)
Micro-BIC (vente de biens)203 100 € de recettesAu-delà, sortie du micro-BIC (régime réel). La franchise en base de TVA, elle, s'applique sous 85 000 € (seuil majoré 93 500 €)
Cotisations micro-entrepreneur (vente de biens)12,3 % (9,3 % ACRE)Prélèvement sur le chiffre d’affaires
À ne pas confondre : DAC7, le seuil RCS de 10 000 € sur deux ans et le plafond micro-BIC de 203 100 € répondent à trois logiques distinctes (transmission d’informations, immatriculation, fiscalité/TVA). Aucun ne tient lieu d’autorisation d’exercer ; l’activité professionnelle s’immatricule dès son caractère habituel.

RNE, RCS, Siren et Siret

Le code APE ne se choisit pas comme une option fiscale. Décrivez l’activité réelle : vente en ligne ou sur marché, catégories de produits, réparation ou transformation éventuelle. L’Insee attribue le code correspondant et peut le corriger si l’activité principale a été mal comprise.

La démarche sur le guichet unique

  1. Déterminer la date de début et le cadre choisi : entreprise individuelle au régime micro ou réel, ou société.
  2. Se connecter au guichet unique géré par l’INPI.
  3. Décrire l’achat-revente comme activité commerciale avec ses canaux réels.
  4. Renseigner l’établissement, l’adresse, les options demandées et les éventuelles activités secondaires.
  5. Joindre les justificatifs indiqués pour votre situation.
  6. Signer et transmettre la formalité, puis répondre aux demandes de régularisation depuis le tableau de bord.
  7. Télécharger le justificatif d’immatriculation après validation et vérifier chaque donnée.

Les pièces varient selon la situation

Une entreprise individuelle et une société ne fournissent pas le même dossier. Identité, adresse, déclaration de non-condamnation et informations sur le conjoint peuvent être demandées selon le cas. Une société ajoute notamment ses statuts, le dépôt de capital et la publicité légale lorsque ces éléments sont requis. Utilisez la liste générée par le guichet ; ne vous fiez pas à une checklist ancienne.

Activité mixte : commerce et réparation

Un revendeur qui répare, transforme ou fabrique peut exercer plusieurs activités. Depuis la création du RNE, l’ancien répertoire des métiers ne doit plus être présenté comme la destination autonome de toute activité artisanale. Déclarez chaque activité et sa place relative ; le guichet transmet le dossier aux organismes compétents.

Après l’immatriculation

ContrôleAction
Identité et adresseComparer le justificatif, l’avis Sirene et les informations des plateformes.
ActivitéVérifier que la description et le code APE reflètent l’activité principale.
Déclarations socialesActiver l’espace approprié et noter la première échéance.
Factures et siteAjouter les mentions correspondant au statut et à la TVA.
Registres internesCommencer le livre des recettes et, pour une activité d’achat-revente en micro, le registre des achats.
Médiation et droits clientsMettre en place les obligations B2C avant la première vente professionnelle.

Modifier ou cesser l’activité

Changement d’adresse, nouvelle activité, ouverture d’établissement ou cessation se déclarent aussi via le guichet unique. Ne laissez pas une adresse ou une activité obsolète : cela peut créer des incohérences avec l’Urssaf, l’administration fiscale, les fournisseurs et les marketplaces.

Erreurs fréquentes

Sources officielles

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Questions fréquentes

À partir de quel seuil l'immatriculation au RCS est-elle obligatoire pour un micro-entrepreneur revendeur ?

L'immatriculation au RCS devient obligatoire lorsque le chiffre d'affaires de l'activité commerciale dépasse 10 000 € sur deux années civiles consécutives (loi PACTE). En deçà, le micro-entrepreneur reste immatriculé uniquement au RNE.

Quelle est la différence entre le seuil RCS (10 000 €) et le plafond micro-BIC (203 100 €) ?

Le seuil RCS de 10 000 € sur deux ans concerne l'obligation d'immatriculation au registre du commerce. Le plafond micro-BIC de 203 100 € concerne la fiscalité et la TVA. Le dépassement du seuil RCS n'entraîne pas automatiquement la sortie du micro-BIC. Ces deux seuils répondent à des logiques distinctes.

Comment se déroule la démarche d'immatriculation au RCS pour un revendeur ?

La démarche se fait via le guichet unique des formalités des entreprises géré par l'INPI. Il faut décrire l'achat-revente comme activité commerciale avec ses canaux réels, renseigner l'établissement et l'adresse, joindre les justificatifs, signer et transmettre la formalité, puis télécharger le justificatif d'immatriculation après validation.

Quelles sont les erreurs fréquentes à éviter lors de l'immatriculation ?

Attendre le franchissement d'un seuil DAC7 avant de déclarer, décrire uniquement « internet » au lieu de l'activité commerciale réelle, imposer soi-même un code APE trouvé dans un article, oublier une activité de réparation ou de transformation, payer un site privé en croyant utiliser le guichet officiel, et ne pas vérifier le justificatif après validation.

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