Fiscalité revendeur

SASU et chômage : garder son ARE ou toucher l’ARCE en 2026 ?

Réponse directe : Président de SASU non rémunéré, vous conservez 100 % de votre ARE tant que vous ne touchez aucun salaire ; dès que vous vous rémunérez, France Travail bascule sur un cumul partiel avec déduction de 70 % du brut. L’ARCE convertit 60 % de vos droits restants en capital versé en deux fois : idéale pour financer du stock, mais le solde est définitivement perdu. Comparatif chiffré, conditions et pièges ci-dessous.

Mis à jour le 11 septembre 2026 · 12 min de lecture · Par L'équipe Margeo

Vous êtes indemnisé par France Travail et vous voulez lancer une activité d’achat-revente en SASU : brocante, Vinted, déstockage, sneakers. Bonne nouvelle : créer votre société ne fait pas disparaître vos droits — à condition de respecter une règle d’or, ne vous rémunérez pas trop tôt. Deux dispositifs s’offrent à vous : le maintien de l’ARE, qui conserve 100 % de vos allocations mois après mois, et l’ARCE, qui convertit 60 % de vos droits en capital pour financer votre stock. Ce guide 2026 détaille les conditions France Travail, compare les deux options avec un cas chiffré à 1 500 € par mois, liste les pièges qui font perdre les droits, et montre comment piloter votre lancement sans vous payer trop vite.

Cas type — 24 mois de droits à 1 500 €

Maintien ARE36 000 € lissés sur 24 mois + couverture sociale, sans vous rémunérer. ARCE21 600 € en deux versements de 10 800 € pour acheter du stock, solde définitivement perdu.

Le bon choix dépend de votre trésorerie de départ : avec de l’épargne, le maintien sécurise la montée en charge ; sans apport, l’ARCE finance le premier stock. Le match chiffré complet est plus bas.

ARE ou ARCE : la réponse en 30 secondes

Ces règles supposent des droits ARE ouverts et une inscription maintenue. Si vous n’êtes pas encore indemnisé, commencez par vérifier vos droits avec votre conseiller avant d’immatriculer quoi que ce soit.

Président non rémunéré : le maintien à 100 % de votre ARE

Le maintien des allocations est le dispositif par défaut du créateur indemnisé : vous créez votre SASU, vous la dirigez, mais vous ne vous versez strictement rien — et France Travail continue de vous payer chaque mois. Les conditions cumulatives :

Et si vous devez tout de même vous payer un peu pour vivre ? Vous basculez sur le cumul allocation + salaire : chaque mois, 70 % de votre salaire brut est déduit de votre ARE, et le total (salaire + allocation réduite) ne peut pas dépasser votre ancien salaire de référence. Exemple : avec une ARE de 1 500 € et un salaire brut de 800 €, la déduction est de 560 €, il reste 940 € d’allocation, soit 1 740 € de ressources totales. Même un mini-salaire met fin au maintien intégral : chiffrez ce seuil avant de signer votre première fiche de paie.

Point crucial pour les revendeurs : les dividendes ne sont pas une rémunération. Percevoir des dividendes votés sur des bénéfices réels, après IS, ne déclenche ni fin du maintien ni déduction. C’est une raison de plus de lire notre guide passer en SASU quand on est revendeur avant d’organiser vos flux.

ARCE : 60 % de vos droits en capital, en deux versements

L’aide à la reprise ou à la création d’entreprise (ARCE) transforme vos allocations futures en capital immédiat : 60 % du reliquat de vos droits au jour de la demande, versés en deux fois. Pour un revendeur, c’est le carburant du premier stock. Conditions et mécanique :

L’ARCE se demande avec un dossier complet : pièce d’identité, justificatif de création, attestation ACRE. Anticipez les délais France Travail (comptez plusieurs semaines) et ne programmez pas vos achats de stock sur le premier versement au jour près. Le détail de la procédure est dans notre guide ARCE France Travail pour créer sa revente.

Le match chiffré : 24 mois à 1 500 € contre 21 600 € cash

Prenons un demandeur d’emploi avec un ancien salaire de référence de 2 200 € net, 24 mois de droits à 1 500 € par mois, soit 36 000 € de capital de droits. Voici ce que donnent les deux stratégies :

CritèreMaintien AREARCE
Total perçu36 000 € sur 24 mois21 600 € (2 × 10 800 €)
Rythme1 500 € par mois, lissé10 800 € puis 10 800 € à 6 mois
Rémunération SASUInterdite (sinon cumul partiel)Libre dès le départ
Solde restantConservé mois après mois40 % perdus (14 400 €)
Protection socialeCouverture via le statut de demandeur indemniséVia la SASU dès la première rémunération
Idéal pourTester sans apport, montée en charge lenteAcheter du stock, aller vite

Profil sécurité : le maintien gagne

Si vous avez un peu d’épargne et que votre revente démarre petit (quelques centaines d’euros de stock de brocante), le maintien vous offre 24 mois de piste : 14 400 € de plus que l’ARCE au total, une trésorerie personnelle stable, et la possibilité de demander l’ARCE plus tard sur le reliquat si un gros achat se présente. C’est la stratégie des lancements prudents.

Profil stock : l’ARCE finance le démarrage

Si votre modèle exige du stock dès le jour un (déstockage, palettes, sneakers), 1 500 € mensuels ne suffisent pas : les 10 800 € du premier versement constituent le fonds de roulement qui déclenche les premières rotations. Vous perdez 14 400 € de droits, mais vous achetez 6 à 12 mois d’avance sur votre courbe de chiffre d’affaires. Rentable si votre marge est prouvée.

Profil hybride : maintien puis ARCE sur le reliquat

Rien n’oblige à choisir le premier jour : après 8 mois de maintien (12 000 € perçus, 24 000 € de reliquat), vous pouvez demander l’ARCE sur le reliquat, soit 14 400 € en deux fois. Vous aurez testé votre marge à blanc avant d’engager le capital. C’est le parcours le plus malin pour un revendeur qui démarre en cumul ARE et micro-entreprise avant de basculer en SASU.

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Tester sans se griller : le cumul ARE + micro avant la SASU

Créer une SASU d’emblée, c’est engager des frais (immatriculation, comptable ≈ 1 500 € par an) avant d’avoir prouvé votre marge. L’alternative consiste à tester 3 à 6 mois en micro-entreprise en cumul ARE : vos revenus de revente sont déclarés chaque mois, 70 % du chiffre d’affaires après abattement sont déduits de l’allocation, et vous conservez le différentiel. Vous validez votre sourcing, vos canaux et votre marge nette sans toucher à vos droits ni engager de coûts fixes.

Quand le test est concluant — chiffre d’affaires régulier, marge nette supérieure à 30 %, stock qui tourne — basculez en SASU : c’est le moment de demander l’ARCE sur le reliquat pour financer le stock à l’échelle, ou de poursuivre en maintien sans rémunération le temps d’amortir la création. La bascule elle-même est décrite dans passer en SASU quand on est revendeur, et les règles fines du cumul dans cumul ARE et micro-entreprise en 2026.

Les 4 pièges qui font perdre vos droits

  1. Se verser 1 € de salaire « pour tester » : même symbolique, toute rémunération met fin au maintien intégral et déclenche le cumul partiel avec déduction. Si vous devez absolument vous payer, chiffrez d’abord l’impact avec votre conseiller et documentez la décision.
  2. Confondre dividendes et salaire : dans le bon sens, cette fois — les dividendes votés sur des bénéfices réels après IS ne remettent pas en cause l’ARE. Ne vous en privez pas par excès de prudence, mais ne versez jamais de « dividendes » sans bénéfice ni AG : requalifiés en rémunération, ils feraient des dégâts.
  3. Demander l’ARCE les yeux fermés : les 40 % abandonnés ne reviennent pas. Si votre besoin de capital est faible, le maintien rapporte 14 400 € de plus dans notre exemple. Ne prenez l’ARCE que pour un besoin de financement réel et chiffré.
  4. Rater les délais et l’ACRE : l’ACRE se demande à la création et conditionne l’ARCE ; le dossier France Travail exige justificatifs complets et met des semaines à aboutir. Immatriculez, demandez l’ACRE, déposez l’ARCE : dans cet ordre, sans attendre le dernier mois de droits.

En cas de doute sur votre situation (radiation, reprise d’activité salariée à temps partiel, expatriation), un rendez-vous avec votre conseiller France Travail avant l’immatriculation vaut mieux qu’une régularisation après contrôle.

Pilotez votre CA sans vous rémunérer trop tôt avec Margeo

Toute la stratégie ci-dessus repose sur une discipline : ne pas se payer avant que la marge le permette. Encore faut-il connaître sa marge réelle. Margeo suit chaque lot (prix d’achat, commissions, port, emballage, retours) et calcule votre marge nette par plateforme et par mois. Vous savez exactement quand votre revente finance un premier salaire — et avant ce jour, vous laissez l’ARE jouer son rôle d’amortisseur.

Créez votre compte gratuit, enregistrez vos premiers lots de test, et ne touchez à votre rémunération que lorsque les chiffres — pas l’enthousiasme — vous y autorisent. Pour la suite, notre guide ARCE France Travail pour créer sa revente détaille le dossier pas à pas.

Sources officielles vérifiées

Questions fréquentes

Président de SASU non rémunéré : est-ce que je garde mon chômage ?

Oui. Tant que vous ne percevez aucune rémunération de votre SASU, France Travail maintient 100 % de votre allocation, à condition de rester inscrit et de vous actualiser chaque mois. Faites acter la non-rémunération dans un procès-verbal d’assemblée générale et conservez-le précieusement en cas de contrôle.

Toucher des dividendes fait-il perdre l’ARE ?

Non. Les dividendes ne sont pas un salaire : ils ne remettent pas en cause le maintien de votre allocation. Ils doivent en revanche avoir été votés sur des bénéfices réels, après paiement de l’impôt sur les sociétés, en assemblée générale. Seule une rémunération de dirigeant déclenche le cumul partiel avec déduction.

ARCE : qui peut en bénéficier et comment la demander ?

Les demandeurs d’emploi indemnisés au titre de l’ARE qui créent ou reprennent une entreprise et ont obtenu l’ACRE. La demande se fait auprès de France Travail avec le justificatif de création de la SASU et l’attestation d’ACRE. L’aide vaut 60 % de vos droits restants, versée en deux fois à six mois d’intervalle si l’activité se poursuit.

Si je me verse un petit salaire de président, que devient mon ARE ?

Vous basculez sur le cumul partiel : 70 % de votre salaire brut est déduit de votre allocation mensuelle, dans la limite de votre ancien salaire. Même un euro de rémunération met fin au maintien intégral. Chiffrez ce seuil dans votre prévisionnel avant de vous payer, surtout la première année de revente.

ARE ou ARCE : que choisir pour lancer un achat-revente ?

Besoin de stock de départ et trésorerie saine : l’ARCE apporte jusqu’à 60 % de vos droits en capital. Besoin de sécurité sur 12 à 24 mois : le maintien de l’ARE lisse vos revenus pendant la montée en charge. Beaucoup de revendeurs commencent en maintien, testent en micro-entreprise, puis demandent l’ARCE sur le reliquat au moment de basculer en SASU.

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Que faire ensuite ?

Appliquez ce guide à votre lancement : vérifiez votre éligibilité ACRE, choisissez maintien ou ARCE, puis pilotez votre CA sans vous rémunérer trop tôt. Margeo suit vos marges pendant que France Travail suit vos droits.

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