SASU : salaire ou dividendes quand on est revendeur ? Le mix qui paie en 2026
Réponse directe : En SASU, le salaire coûte environ 80 % de charges en plus du net versé mais ouvre retraite, prévoyance et trimestres, tandis que les dividendes sont taxés à 30 % de flat tax mais laissent le dirigeant sans protection. Le mix optimal pour un revendeur : un petit salaire d’environ 12 000 € brut par an pour valider 4 trimestres, puis le solde en dividendes. Démonstration et 3 scénarios chiffrés à 30 000 € ci-dessous.
Mis à jour le 11 septembre 2026 · 12 min de lecture · Par L'équipe Margeo
Vous avez créé votre SASU pour revendre sur Vinted, Leboncoin, eBay ou en déstockage, et la question qui fâche arrive vite : faut-il se payer en salaire ou en dividendes ? D’un côté, le salaire de président coûte cher en charges mais construit votre retraite et votre protection. De l’autre, les dividendes ne supportent que 30 % de flat tax mais ne donnent droit à rien. La bonne réponse en 2026 n’est ni l’un ni l’autre : c’est un mix calibré — un petit salaire pour sécuriser vos droits, le reste en dividendes pour maximiser votre net. Ce guide le démontre avec 3 scénarios chiffrés à 30 000 € de bénéfice, les taux exacts de charges et de flat tax, et la méthode Margeo pour simuler votre cas. Comme toujours, faites valider l’arbitrage final par votre expert-comptable.
Cas type — 30 000 € de bénéfice
100 % salaire → environ 14 400 € net en poche + 4 trimestres validés. 100 % dividendes → environ 17 850 € net mais zéro protection. Mix petit salaire + dividendes → environ 16 200 € net + 4 trimestres + prévoyance.
L’écart entre le tout-dividendes et le mix est d’environ 1 600 € par an : c’est le prix d’une retraite, d’une prévoyance et d’un dossier bancaire crédible. Détail des calculs plus bas.
Salaire ou dividendes : le verdict en 30 secondes
Si vous n’avez que 30 secondes, retenez ces cinq règles. Tout le reste de l’article les justifie chiffres à l’appui :
- 1 € de salaire net coûte environ 1,80 € à votre SASU (charges salariales et patronales cumulées), mais chaque euro de salaire est déductible du bénéfice imposable à l’IS.
- 1 € de dividende coûte 30 centimes de flat tax (12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux), sans aucune cotisation sociale, mais les dividendes se versent sur un bénéfice déjà taxé à l’IS.
- Le salaire protège, le dividende paie : seul le salaire valide des trimestres de retraite, ouvre des indemnités journalières et permet une mutuelle d’entreprise.
- Le 100 % dividendes est un piège pour un revendeur qui se projette : zéro trimestre, zéro prévoyance, zéro chômage, dossier de crédit fragile.
- Le mix gagnant : un salaire brut d’environ 12 000 à 15 000 € par an pour verrouiller les droits, puis le solde du bénéfice en dividendes.
Ce raisonnement suppose que votre SASU dégage un vrai bénéfice après déduction de vos frais réels (stock, transport, emballage, commissions). Si vous hésitez encore entre micro et société, relisez notre guide passer en SASU quand on est revendeur et le comparatif IS ou IR pour un revendeur en société.
Le salaire du président de SASU : ce qu’il coûte vraiment en 2026
Le président de SASU est assimilé salarié : il cotise au régime général (retraite de base et complémentaire, maladie, famille, CSG-CRDS) avec des taux proches d’un cadre, sauf l’assurance chômage à laquelle il ne cotise pas et dont il ne bénéficiera jamais sur son mandat. Concrètement, pour un salaire brut donné, l’addition comporte deux étages : environ 23 % de cotisations salariales (brut vers net) puis 42 à 45 % de cotisations patronales payées par la société. Le tableau suivant donne des ordres de grandeur 2026 :
| Salaire brut mensuel | Net avant impôt (≈) | Coût total société (≈) | Lecture |
|---|---|---|---|
| 1 000 € (temps partiel) | 770 € | 1 440 € | Le plancher pour valider des trimestres sans plomber la tréso |
| 1 800 € (≈ SMIC) | 1 400 € | 2 600 € | Le repère « SMIC chargé » : 31 000 € par an pour la société |
| 3 000 € | 2 340 € | 4 320 € | Confortable, mais 52 000 € de coût annuel : réservé aux gros bénéfices |
- Fiche de paie et DSN obligatoires même pour un mini-salaire : pas de virement « en douce », tout transite par la paie déclarée.
- Le salaire est déductible du résultat imposable : verser 12 000 € brut réduit le bénéfice taxé à l’IS d’environ 17 300 € charges patronales incluses.
- Plancher retraite : environ 7 000 € brut par an suffisent pour valider 4 trimestres. En dessous, vous cotisez sans valider d’année complète.
- Bonus banque : trois bulletins de salaire réguliers changent tout pour un prêt, là où des dividendes annuels inquiètent le banquier.
Retenez surtout le chiffre du SMIC chargé : avec environ 31 000 € de coût annuel, un bénéfice de 30 000 € ne permet tout simplement pas de se verser un SMIC complet. C’est exactement pour cela que le mix avec un petit salaire existe. Pour la fiscalité d’ensemble de la société, voyez IS ou IR pour un revendeur en société.
Les dividendes en SASU : flat tax 30 %, mode d’emploi
Les dividendes sont la part du bénéfice que l’associé unique décide de s’attribuer après la clôture. Depuis 2018, ils supportent le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, prélevé à la source par la société : 12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux. Aucune cotisation sociale ne s’ajoute pour le président de SASU — c’est la grande différence avec le gérant majoritaire de SARL. Mais cette simplicité a des conditions strictes :
- Un bénéfice distribuable : bénéfice de l’exercice moins IS, moins dotation à la réserve légale (5 % jusqu’à 10 % du capital), moins pertes antérieures. Pas de bénéfice, pas de dividendes.
- Des comptes approuvés : l’assemblée générale annuelle approuve les comptes puis vote l’affectation du résultat. Le procès-verbal est la pièce qui justifie tout.
- Des capitaux propres sains : après distribution, les capitaux propres doivent rester supérieurs au capital social augmenté des réserves indisponibles.
- Un IS déjà payé : les dividendes ne sont pas déductibles. À 30 000 € de bénéfice, la société paie d’abord 15 % d’IS (4 500 €) puis distribue 25 500 €.
- Option barème possible : sur option globale, vos dividendes rejoignent le barème progressif avec un abattement de 40 % et une fraction de CSG déductible. Gagnant si votre tranche marginale est de 11 % ou moins, perdant au-delà.
Le tableau suivant compare, pour 10 000 € de dividendes bruts, la flat tax et le barème selon votre tranche :
| Tranche marginale | Flat tax 30 % | Barème + abattement 40 % | Verdict |
|---|---|---|---|
| 0 % | 7 000 € net | 8 280 € net | Barème largement gagnant |
| 11 % | 7 000 € net | 7 620 € net | Barème encore gagnant |
| 30 % | 7 000 € net | 6 480 € net | Flat tax gagnante |
Un revendeur dont la SASU gagne bien et qui n’a pas d’autres revenus se situe vite en tranche à 30 % : la flat tax est alors le bon défaut. Et si vos revenus globaux restent modestes, parlez de l’option barème à votre comptable — elle se décide une fois par an pour l’ensemble de vos revenus du capital.
3 scénarios chiffrés à 30 000 € de bénéfice avant rémunération
Passons au concret avec une SASU de revente qui dégage 30 000 € de bénéfice avant toute rémunération du dirigeant, célibataire sans autres revenus, IS à 15 %, montants arrondis. Les trois scénarios consomment la même enveloppe de 30 000 € — seul l’arbitrage salaire/dividendes change :
| Scénario | Montage | Net en poche (≈) | Protection |
|---|---|---|---|
| A. 100 % salaire | 20 800 € brut (coût 30 000 €) | ≈ 14 400 € après IR | Maximale : 4 trimestres, IJ, prévoyance, mutuelle |
| B. 100 % dividendes | IS 4 500 € puis 25 500 € distribués, flat tax 7 650 € | ≈ 17 850 € | Aucune : 0 trimestre, 0 prévoyance |
| C. Mix malin | 12 000 € brut (coût ≈ 17 300 €) + solde en dividendes | ≈ 16 200 € après IR | 4 trimestres, IJ, prévoyance : le meilleur ratio |
Scénario A : tout en salaire, la sécurité à 14 400 €
La société convertit ses 30 000 € en salaire brut d’environ 20 800 €, soit un coût total de 30 000 € patronales incluses. Le dirigeant touche environ 16 000 € net, puis paie environ 1 600 € d’impôt sur le revenu : 14 400 € en poche, 4 trimestres validés, indemnités journalières, prévoyance et mutuelle d’entreprise déductible. C’est le choix du dirigeant qui privilégie la protection ou prépare un emprunt — au prix de 3 400 € de net abandonnés par rapport au tout-dividendes.
Scénario B : tout en dividendes, 17 850 € mais à nu
La société paie 4 500 € d’IS puis distribue 25 500 €. La flat tax de 30 % prélève 7 650 € : 17 850 € net, sans autre impôt ni cotisation. Sur le papier, c’est 3 400 € de plus que le scénario A. En pratique, l’année ne valide aucun trimestre de retraite, aucune indemnité journalière en cas de pépin, aucune prévoyance invalidité-décès, et la banque ne verra aucun bulletin de salaire. Pour un revendeur de 30 ans qui se projette, c’est une économie de bout de chandelle.
Scénario C : le mix SMIC-compatible, 16 200 € et protégé
La société verse un salaire brut de 12 000 € (1 000 € par mois, coût total ≈ 17 300 €, net ≈ 9 250 €) : 4 trimestres validés, IJ et prévoyance minimale enclenchées. Le bénéfice restant de 12 700 € supporte 1 905 € d’IS, puis 10 795 € sont distribués avec 3 240 € de flat tax, soit 7 555 € net. Total : environ 16 200 € après IR sur le salaire, soit seulement 1 600 € de moins que le tout-dividendes pour une protection complète. Notez au passage qu’un SMIC brut complet (≈ 21 800 €, coût ≈ 31 000 €) ne passe tout simplement pas dans 30 000 € : le mix est aussi une contrainte mathématique. Dès 40 000 € de bénéfice, le même raisonnement finance un vrai SMIC plus des dividendes.
Conclusion chiffrée : à enveloppe égale, le mix récupère 90 % du net du tout-dividendes tout en achetant l’intégralité de la protection sociale de base. Sauf situation particulière (tranche à 11 % avec option barème, besoin bancaire urgent de gros bulletins), c’est l’arbitrage que votre comptable vous proposera.
Salaire, dividendes ou mix : tranchez avec vos vrais chiffres
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100 % dividendes : le vrai prix du zéro salaire
Le scénario B séduit sur un tableur, mais évaluez ce que « zéro salaire » coûte vraiment sur une carrière de revendeur :
- Retraite : aucune validation de trimestres, ni au régime de base ni en complémentaire. Racheter un trimestre coûte plusieurs milliers d’euros — bien plus que les 1 600 € « économisés » par an.
- Santé et prévoyance : pas d’indemnités journalières en cas d’arrêt maladie ou de maternité, pas de rente invalidité, pas de capital décès pour vos proches.
- Chômage : le président ne cotise pas à l’assurance chômage : en cas d’échec, aucune ARE sur le mandat, contrairement à un salarié classique.
- Mutuelle et épargne salariale : pas de complémentaire santé d’entreprise déductible, pas d’intéressement ni de plan d’épargne entreprise.
- Crédit : sans bulletins de salaire, l’accès au prêt immobilier ou au financement de stock devient un parcours d’obstacles, même avec de beaux dividendes.
- Couverture maladie : sans activité salariée, vous relevez de la protection universelle maladie (PUMA), dont une cotisation spécifique peut s’appliquer sur vos revenus du capital au-delà d’un seuil.
Le zéro salaire n’est défendable que dans deux cas : une année de transition où vous êtes déjà couvert ailleurs (conjoint, maintien ARE sans rémunération — voir notre guide chômage), ou une SASU patrimoniale qui ne vise aucun revenu du dirigeant. Pour une activité de revente qui vous fait vivre, c’est une impasse.
Le mix gagnant du revendeur : petit salaire + dividendes
Voici la méthode en trois étapes que les comptables recommandent aux revendeurs en SASU :
- Étape 1 — verrouillez le plancher social : versez 12 000 à 15 000 € brut par an (1 000 à 1 250 € par mois). Vous validez 4 trimestres, ouvrez les IJ et la prévoyance minimale, et produisez des bulletins réguliers, pour un coût société de 17 000 à 22 000 €.
- Étape 2 — distribuez le solde : une fois l’IS payé et les comptes approuvés, versez le reste en dividendes à 30 %. Chaque euro distribué rapporte 70 centimes nets sans formalité mensuelle.
- Étape 3 — ajustez selon votre profil : tranche marginale à 11 % ou moins ? Étudiez l’option barème. Projet immobilier dans 2 ans ? Montez le salaire quitte à rogner les dividendes. Tranche à 30 % ou 41 % ? Restez au plancher salarial et maximisez les dividendes.
Côté calendrier, le salaire se verse chaque mois avec sa fiche de paie, tandis que les dividendes se votent une fois par an en assemblée générale. Si la trésorerie le permet en cours d’exercice, un acompte sur dividendes est possible sous conditions (bilan intermédiaire certifié, accord du comptable). Pour tester l’enveloppe globale avant de créer la société, utilisez notre simulateur de passage EURL / SASU.
Comment Margeo simule votre mix : de la marge nette au bénéfice distribuable
L’erreur classique consiste à arbitrer salaire et dividendes sur le chiffre d’affaires. Or seule la marge nette réellement encaissée détermine l’enveloppe distribuable. Margeo reconstruit cette enveloppe lot par lot : prix d’achat, commissions des plateformes, frais de port, emballage, retours et cotisations sont ventilés à l’article, puis agrégés en marge nette annuelle. C’est ce montant — pas le CA — qu’il faut comparer aux 30 000 € de nos scénarios.
- Marge nette par lot et par plateforme : sachez ce que Vinted, Leboncoin ou eBay vous rapportent vraiment après tous les frais.
- Enveloppe annuelle de rémunération : visualisez le bénéfice distribuable avant de décider du partage salaire/dividendes.
- Export comptable : transmettez à votre expert-comptable des données propres (CA, marges, stock, frais) pour une simulation fiable du mix.
- Prix plancher : vendez chaque article au-dessus du seuil qui finance votre rémunération cible.
Commencez par mesurer votre marge réelle avec le calculateur de marge nette revendeur 2026, enregistrez vos lots dans Margeo, puis rejouez les scénarios A, B et C avec vos propres chiffres. Votre comptable n’aura plus qu’à valider.
Sources officielles vérifiées
- urssaf.fr — cotisations du dirigeant assimilé salarié
- impots.gouv.fr — imposition des dividendes et prélèvement forfaitaire unique
- economie.gouv.fr — le régime de la SASU
- service-public.fr — créer et gérer une SASU
Questions fréquentes
Flat tax ou barème progressif : que choisir pour mes dividendes de SASU ?
Par défaut, la flat tax de 30 % s’applique : simple et souvent optimale. L’option pour le barème, avec abattement de 40 % et une part de CSG déductible, devient intéressante si votre tranche marginale est de 11 % ou moins. Au-delà, la flat tax gagne presque toujours. Attention, l’option est globale : elle s’applique à tous vos revenus du capital de l’année, dividendes et intérêts confondus.
Puis-je me verser des dividendes sans me verser de salaire en SASU ?
Oui, c’est légal : aucun salaire minimum n’est imposé au président de SASU. Mais sans salaire, vous ne validez aucun trimestre de retraite, vous n’avez ni indemnités journalières ni prévoyance, et vous ne cotisez pas au chômage. C’est pourquoi le mix petit salaire plus dividendes, détaillé dans ce guide, est recommandé pour un revendeur.
Quel est le taux exact des charges sur le salaire du président de SASU ?
Comptez environ 23 % de cotisations salariales sur le brut et 42 à 45 % de cotisations patronales, soit un coût total d’environ 1,8 fois le net versé. Exemple : 1 000 € net coûte autour de 1 800 € à la société. Le président est assimilé salarié mais ne cotise pas à l’assurance chômage et n’ouvre aucun droit ARE sur son mandat.
Ai-je droit à l’allocation chômage comme président de SASU ?
Non sur votre mandat : le président de SASU ne cotise pas à l’assurance chômage. En revanche, si vous créez votre SASU sans vous rémunérer alors que vous êtes déjà indemnisé par France Travail, vous pouvez conserver vos allocations, voire demander l’ARCE. Tout est expliqué dans notre guide SASU et chômage : ARE maintenue ou ARCE.
Quand se verser son salaire et ses dividendes dans l’année ?
Le salaire se verse chaque mois, avec fiche de paie et DSN, pour lisser votre net et rassurer la banque. Les dividendes se votent une fois par an en assemblée générale après approbation des comptes, puis sont versés sous quelques mois. Un acompte sur dividendes est possible en cours d’exercice sous conditions, avec l’aval de votre comptable.