Fiscalité revendeur

Holding SAS et revendeur : réinvestir vos dividendes sans payer 30 % tout de suite

Réponse directe : Avec une holding SAS et le régime mère-fille, 95 % des dividendes versés par votre SASU d’achat-revente sont exonérés : la holding ne paie l’IS que sur une quote-part de 5 %, soit ~1,25 % d’impôt, contre 30 % de flat tax si vous vous versez les dividendes en direct. Rentable dès ~40 000 à 50 000 € de bénéfices réinvestis chaque année.

Mis à jour le 11 septembre 2026 · 14 min de lecture · Par L’équipe Margeo

Vous gagnez bien votre vie avec l’achat-revente sur Vinted, Leboncoin ou eBay, mais vous ne consommez qu’une partie des bénéfices : le reste pourrait racheter du stock, financer un local ou préparer l’avenir. Problème : pour toucher cet argent en direct, vous payez 30 % de flat tax (PFU) sur les dividendes. La solution des revendeurs qui réinvestissent s’appelle la holding SAS couplée au régime mère-fille. Si la SASU elle-même est encore un projet, commencez par notre guide passer au statut SASU revendeur ; si vous maîtrisez déjà l’imposition IS vs IR du revendeur en SASU, cet article est l’étape suivante.

Montage, conditions, exemple chiffré à 50 000 €, coûts réels et ligne rouge de l’abus de droit : voici tout ce qu’un revendeur doit savoir avant de créer sa holding. Comme toujours en fiscalité, faites valider le montage par un expert-comptable ou un avocat fiscaliste — et envisagez un rescrit fiscal pour sécuriser l’opération.

La holding en 30 secondes

Votre SASU d’achat-revente verse ses dividendes à votre holding SAS (que vous détenez) plutôt qu’à vous directement. Grâce au régime mère-fille, 95 % de ces dividendes sont exonérés d’IS dans la holding : impôt effectif ~1,25 % au lieu de 30 % de flat tax. La trésorerie reste disponible pour réinvestir (stock, locaux, titres). Coût : une deuxième société à gérer et une comptabilité doublée.

Holding + mère-fille : l’optimisation en une phrase

Sans holding, 50 000 € de dividendes versés à vous-même supportent 15 000 € de flat tax (30 %) : il reste 35 000 € à réinvestir. Avec une holding SAS bénéficiant du régime mère-fille, la même remontée de 50 000 € n’est imposée que sur une quote-part de frais et charges de 5 %, soit 2 500 € de base taxable à l’IS à 25 % = ~625 € d’impôt. Il reste ~49 375 € dans la holding pour réinvestir. L’économie immédiate dépasse 14 000 € — à condition de ne pas distribuer ensuite la holding vers vous, sinon la flat tax s’applique à ce deuxième étage.

Le principe est simple : l’impôt de 30 % n’est pas supprimé, il est différé tant que l’argent travaille dans la holding. Pour un revendeur qui réinvestit durablement, ce différé vaut de l’or : chaque euro non fiscalisé rachète du stock qui génère de nouvelles marges.

Pour quel revendeur ? Le seuil des 40 000 à 50 000 €

Une holding n’est pas un jouet fiscal : c’est une deuxième société, avec sa comptabilité, ses assemblées et ses frais. Elle devient rentable quand trois conditions sont réunies : des bénéfices non consommés d’au moins 40 000 à 50 000 € par an, une volonté de réinvestir (stock stratégique, local commercial, véhicule utilitaire, titres financiers) plutôt que de consommer, et un horizon de plusieurs années. Si vous distribuez tout chaque année pour vivre, la holding ne sert à rien : vous paierez ses frais fixes sans économie d’impôt.

Profils types : le revendeur pro qui fait grossir son stock haute valeur (luxe, sneakers rares, montres), celui qui veut acheter ses murs plutôt que les louer, celui qui prépare une cession ou une transmission. En dessous de 40 000 € réinvestis par an, l’arbitrage salaire vs dividendes en SASU suffit dans la plupart des cas.

Ne laissez pas le fisc décider à votre place

DAC7, TVA sur marge, micro-BIC : simulez votre net après charges en 1 minute. Essayez le calculateur de marge nette après charges puis enregistrez le lot dans Margeo.

Vérifier ma situation gratuitement

Sans carte bancaire · 1 clic · fiscalité revendeur 2026 incluse

Régime mère-fille : les 3 conditions à respecter

Le régime mère-fille (CGI, art. 145 et 216) exonère les dividendes reçus par la société mère, sauf la quote-part de 5 %. Trois conditions cumulatives :

  1. Détenir au moins 5 % du capital de la fille. En pratique la holding détient 95 à 100 % de la SASU opérationnelle : condition largement remplie. Les titres doivent être nominatifs (ou déposés) et l’option pour le régime doit être exercée lors de la déclaration de résultat.
  2. Conserver les titres pendant au moins 2 ans. C’est l’engagement de conservation : en cas de cession avant 2 ans, l’exonération est remise en cause. Pour une holding patrimoniale de revendeur, horizon naturel de toute façon.
  3. Exercer l’option et respecter le formalisme. Option sur la liasse fiscale, suivi des titres, assemblées générales régulières des deux sociétés : c’est le travail de votre comptable, pas une simple case à cocher.

Bon à savoir : la quote-part de 5 % est elle-même imposée au taux d’IS applicable (15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice si la holding y est éligible, 25 % au-delà). D’où l’ordre de grandeur de ~1,25 % d’IS effectif (5 % × 25 %) sur les dividendes remontés.

Exemple chiffré : 50 000 € de bénéfice, avec et sans holding

Hypothèse : votre SASU d’achat-revente dégage 50 000 € de bénéfice distribuable après IS, que vous n’avez pas besoin de consommer.

ScénarioImpôt payéReste à réinvestir
Distribution directe (flat tax 30 %)15 000 €35 000 €
Remontée vers la holding (mère-fille, IS ~1,25 %)~625 €~49 375 €
Économie annuelle~14 375 €+41 % de capital réinvestissable

Répétée 5 ans, l’économie cumulée dépasse 70 000 € de capital de travail supplémentaire — de quoi financer un stock premium ou l’apport d’un local. Rappel indispensable : si la holding vous reverse ensuite ces fonds personnellement, la flat tax de 30 % s’applique à cette distribution. Le jeu consiste à faire fructifier l’argent dans la holding (ou ses filiales), pas à le faire transiter.

Combien coûte vraiment une holding SAS ?

Il faut comparer l’économie (~14 000 €/an dans notre exemple) à son coût récurrent. Comptez 300 à 800 € de création (annonce légale, greffe, statuts — souvent mutualisés avec la restructuration), puis chaque année : comptabilité doublée (deux liasses, deux AG : +1 000 à 2 000 €/an par rapport à la SASU seule), CFE éventuelle de la holding, compte bancaire pro supplémentaire et frais juridiques ponctuels (conventions de trésorerie, mises à jour statutaires). Budget annuel total : 1 500 à 3 000 €.

Le calcul est donc vite fait : dès ~40 000 € de dividendes réinvestis par an, l’économie d’impôt (~11 500 €) couvre 4 à 7 fois le coût de la structure. En dessous de ~15 000 € réinvestis, elle ne se justifie pas. Entre les deux, c’est votre comptable qui tranche — le tarif moyen d’un comptable revendeur inclut généralement ce type de simulation.

Le montage type du revendeur : SASU opérationnelle + holding animatrice

Le schéma classique : vous détenez 100 % de la holding SAS, qui détient elle-même 100 % (ou 95 %+) de la SASU opérationnelle d’achat-revente. La SASU achète, stocke et revend ; chaque année, l’AG décide la distribution des dividendes vers la holding sous régime mère-fille. La holding centralise la trésorerie et la redéploie : avances en compte courant à la SASU pour financer un gros arrivage, acquisition de parts, local commercial, placements de trésorerie.

Deux outils complètent le montage : la convention de trésorerie intra-groupe (qui autorise les flux entre holding et filiale à des conditions écrites, taux, durée) et, si la holding pilote réellement la stratégie, le statut de holding animatrice (participation active à la conduite du groupe), utile notamment pour les pactes Dutreil en cas de transmission. Rédigez ces conventions dès la création : des flux sans convention écrite ressemblent à s’y méprendre à des distributions déguisées.

Abus de droit : la ligne rouge à ne jamais franchir

Une holding qui n’existe que sur le papier, sans substance ni activité réelle, expose à la procédure d’abus de droit : l’administration peut écarter le montage et rappeler l’impôt éludé, majoré de 40 % (voire 80 %). Les signaux d’alerte : holding sans compte bancaire propre ni comptabilité séparée, décisions prises sans AG, fonds remontés puis immédiatement reversés au dirigeant pour des dépenses personnelles, montage créé uniquement pour échapper à l’impôt sans logique économique.

À l’inverse, une holding qui centralise vraiment la trésorerie, finance du stock, détient un local ou porte des participations a une substance économique défendable. Pour sécuriser le montage, deux réflexes : documenter chaque flux (conventions, AG, factures) et déposer un rescrit fiscal (prise de position formelle de l’administration sur votre situation) avant les opérations importantes. Si vous craignez déjà un redressement sur votre structure actuelle, notre guide contrôle fiscal et redressement URSSAF du revendeur détaille la marche à suivre. Et pour calibrer l’ensemble, le simulateur de passage EURL/SASU revendeur aide à comparer les scénarios avant d’engager des frais.

Faut-il créer votre holding en 2026 ?

Oui si vous réinvestissez durablement plus de ~40 000 € par an et acceptez de gérer deux sociétés ; non si vous consommez l’essentiel de vos bénéfices ou débutez. L’ordre optimal : d’abord une SASU opérationnelle saine (voir passer au statut SASU revendeur), puis la holding au-dessus quand les bénéfices non distribués s’accumulent. Créer les deux d’un coup sans bénéfices, c’est payer deux comptabilités pour zéro économie — l’erreur n°1 de notre article sur les erreurs SASU du revendeur appliquée à la holding.

Préparez votre passage en SASU avec des chiffres réels

CA, marges, stock et frais exportables pour votre expert-comptable. L'outil gratuit pensé pour les revendeurs français.

Créer mon compte gratuit Sans carte bancaire · Données hébergées en UE · Suppression du compte en quelques clics

Sources officielles vérifiées

Questions fréquentes

Combien coûte une holding SAS ?

Comptez 300 à 800 € de création, puis 1 500 à 3 000 € par an (comptabilité doublée, assemblées des deux sociétés, banque, CFE éventuelle). Elle devient rentable dès ~40 000 € de bénéfices réinvestis par an, où l'économie d'impôt dépasse 11 000 €.

Qu'est-ce que le régime mère-fille ?

C'est le régime fiscal qui exonère à 95 % les dividendes reçus par une société mère de sa filiale : seule une quote-part de frais et charges de 5 % est imposée à l'IS, soit ~1,25 % d'impôt effectif au lieu de 30 % de flat tax en distribution personnelle.

Faut-il détenir 5 % pendant 2 ans pour la mère-fille ?

Oui : la mère doit détenir au moins 5 % du capital de la fille, s'engager à conserver les titres 2 ans et exercer l'option sur sa déclaration de résultat. En cas de cession avant 2 ans, l'exonération est remise en cause.

Holding ou distribution directe à 50 000 € de bénéfice ?

Distribution directe : 15 000 € de flat tax, reste 35 000 €. Remontée vers la holding : ~625 € d'IS, reste ~49 375 € à réinvestir. Soit ~14 375 € d'économie par an, tant que la holding ne vous reverse pas les fonds personnellement.

Le montage holding + SASU est-il un abus de droit ?

Non s'il a une substance économique réelle : trésorerie centralisée, réinvestissements, comptabilité et assemblées séparées, conventions écrites. Il devient risqué si la holding est une coquille vide servant uniquement à faire transiter des fonds vers vos dépenses personnelles. Un rescrit fiscal sécurise le montage.

Articles associés

Pour aller plus loin

Que faire ensuite ?

Appliquez ce guide à votre prochain lot : Anticipez DAC7 et cotisations dès le premier euro. Margeo calcule votre vrai net après commissions, port et cotisations.

Créer mon compte gratuit

Sans carte bancaire · Suppression du compte en 1 clic